Cette exposition signe la fin de la trilogie du travail de Virginia Pesemapeo Bordeleau (eeyou/crie) sur le sort des femmes autochtones disparues et/ou assassinées qu’elle a débuté en 2016 avec le projet Poésie en marche pour Sindy, une marche urbaine tenue à Val-d’Or dans le cadre d’Aki Odehi | cicatrices de la Terre- Mère, projet initié par VOART Centre d’exposition de Val-d’Or, sous le commissariat de Sonia Robertson (innue). En novembre 2018, le poème est publié aux Éditions du Quartz. Le poème est publié en juillet 2024 dans sa version anglaise, traduit par Susan Ouriou.
Il a été suivi par le projet Les brodeuses, fait en collaboration avec les femmes autochtones habitant à Val-d’Or, amies de Sindy Ruperthouse, femme anishnabe de Pikogan, disparue depuis 2014. Les brodeuses ont été présentées au MA, musée d’art de Rouyn-Noranda en 2020 en duo avec l’artiste nahuatl du Mexique, Guillermina Ortega.
L’installation se compose de quarante-huit banderoles brodées aux motifs utilisés par les femmes des Premières Nations à travers le Canada, aux couleurs des quatre directions, suspendues en hauteur sur des perches de bois. À l’endos de chaque banderole, l’artiste y a cousu une pièce textile représentant une petite robe rouge.
Le projet Cibles-Targets continue de marteler un message qui mérite d’être entendu par le plus grand nombre. Il s’agit de quinze œuvres textiles dont les motifs sont des broderies réalisées à la machine à coudre ainsi qu’à la main. Virginia Pesemapeo Bordeleau revisite l’idée du projet Les brodeuses qui consistait à broder nos blessures entre femmes. Le montage des pièces sur des cercles de bois reprend le symbole des tambours, objets sacrés pour les peuples des Premières Nations.
Chaque pièce représente le cercle de l’infini, de l’univers, un animal totem portant une silhouette soit rouge, orange ou violet. Les animaux sont les passeurs psychopompes accompagnant l’âme des défunts-défuntes vers la lumière, illustrée par les taches blanches. Chacune des toiles est traversée d’une croix et d’un petit cercle qui fendent les 3 niveaux soit le corps de la silhouette humaine, l’animal totem et l’univers en arrière-plan. La toile de voilier au sol rappelle une pointe qui vise les cibles, et en même temps une voile au mur symbolisant l’envol des âmes au loin vers l’horizon, poussées par les vents.
Deux visites commentées : 13 août 2026 à 13 h 30 et 15 août 2026 à 10 h 30 par Carmelle Adam, historienne de l’art.