Le titre « SAMOHT » est une anagramme du nom de l’apôtre THOMAS, lequel symbolise l’incrédulité de celui qui doit voir et toucher pour croire ce qui lui est présenté comme vrai. Cette installation vidéo nous enjoint à considérer le patrimoine immatériel de la transmission orale comme étant la véritable essence de l’œuvre. Le public est invité à s’ouvrir à l’autre afin d’embrasser la pluralité et la divergence des témoignages émanent tous d’une même et unique expérience singulière.
À l’hiver 2020, l’artiste Gabriel Mondor a créé une montagne de neige abritant une installation immersive multisensorielle (son, lumière, sculpture, vidéo, littérature, etc.). Ouverte au public pour une durée de deux semaines, 63 personnes ont visité l’installation selon trois règles : une seule visite sans appareil de captation, témoigner trois fois de l’expérience soit après un jour, après une semaine et après un mois. L’exposition SAMOHT : transmission par l’expérience présente en vidéo les témoignages de ces visiteurs nous décrivant, selon leur vécu, cette installation immersive éphémère.
Sa démarche artistique est orientée vers un rapport lié à la subjectivité de l’expérience physique vécue à travers chaque aspect de sa création, tant dans son processus de réalisation que dans la réception du visiteur. Ces médiums, qu’il préconise, déploient un potentiel d’expériences riches qui ne peuvent être vécues que par la cohabitation du visiteur avec l’œuvre dans le même espace.
En prenant compte de cette notion expérientielle, le fondement de sa pratique est donc l’expérience subjective. Cet intérêt est issu de l’idée où chaque individu ne pourra jamais expérimenter le même sujet de la même manière. En fonction de cette diversité infinie de points de vue, l’artiste accorde beaucoup d’importance à la subjectivité de chacun, car chaque expérience singulière porte une vérité valant la peine d’être entendue, mais surtout vécue.
« En ce sens, je m’intéresse aux croisements de ces expériences individuelles; selon l’idée qu’une vérité nouvelle émergerait lorsque ces subjectivités sont mises en commun. » G. Mondor
Il s’intéresse ainsi au potentiel interprétatif de la création, car toute œuvre existe en tant que présence objective, alors que paradoxalement, le visiteur, lui, vit une expérience subjective lorsqu’il appréhende cette dernière. Cette même subjectivité permettrait donc à quiconque de vivre une œuvre selon sa propre individualité, car c’est là où l’indicible prend vie, où l’expérience jaillit.